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N'hésitez pas à consulter les galeries indiquées par des liens.
Alors, pas mal de choses à raconter depuis notre dernier mail. Tout d'abord le passage de la frontière s'est passé sans aucun problème, les visas ont été faits en dix minutes plus quelques files d'attente pour faire vérifier les passeports par les postes frontières des deux pays. A peine le temps de souffler qu'on était au Cambodge. On a découvert un pays très différent de la Thaïlande en tout juste 300 mètres de marche : routes en terre défoncées, gamins crados à poil qui traînent dans les rues, mendiants, détritus un peu partout, odeurs pestilentielles, sans parler des unijambistes, les mines ont fait beaucoup de dégâts ici. Je ne sais pas au juste à quoi on s'attendait mais là on avait plutôt l'impression d'être en Inde. La première surprise passée
il a fallu trouver un moyen de transport qui nous conduirait à
Siem Reap. Comme on ne voulait pas trop se faire plumer on a marché
environ un kilomètre après le poste frontière pour
éviter les gêneurs. On a ensuite été pris
par un "taxi", on ne savait heureusement pas à ce moment
que nous attendait un très long voyage, et donc de la fatigue
et des engueulades en perspective. On entend ici par taxi un vieux pick-up
sur la plateforme duquel s'entassent toutes sortes de marchandises,
bagages, voyageurs et autres paquets non identifiables. On a alors dû changer de véhicule pour un autre pick-up encore plus chargé. Une fois juchés sur le haut du chargement on a poireauté une heure sans savoir pourquoi; quand on est enfin parti il faisait déjà nuit alors qu'il nous restait une centaine de kilomètres à faire sur une route encore plus défoncée que la précédente. Bref au bout de trois heures de poussière, meurtrissures dues aux cahots et tentatives désespérées pour ne pas être éjectés par-dessus bord, on est enfin arrivé a Siem Reap, rouges de la tête aux pieds et crevés mais entiers. Une bonne heure a encore été nécessaire afin de trouver un hôtel miteux où j’ai passé une nuit blanche à me débattre avec les moustiques pendant que Julien dormait comme un bienheureux. On a passé quatre jours à Siem Reap, la ville est assez sympa et tranquille, et le site d'Angkor aussi grandiose qu'on pouvait l'imaginer. On a visité une vingtaine de temples en deux jours, tous magnifiques et très bien conservés, même si certains sont engloutis sous des arbres gigantesques. Le site étant très étendu on n'a pas tout vu, d'autant qu'au bout de soixante kilomètres à vélo, de marche et crapahutage dans les temples en plein soleil on commençait à saturer un peu. On est ensuite parti pour
Battambang
en bateau. Le trajet, qui dure normalement trois heures en saison des
pluies, devait mettre un peu plus de temps à cause du bas niveau
de l'eau… Á la vue du bateau Julien est devenu blême.
Il est vrai qu'il était plutôt petit pour la quinzaine
de passagers que nous étions et qu’il penchait dangereusement
mais jusque là rien de très inquiétant. Après
être sortis du port nous avons pris un plus gros bateau et Julien
a repris des couleurs. Quatre heures de navigation assez tranquilles
ont suivi, puis après quelques signes de faiblesse notre bateau
est tombé en panne au milieu d'un village flottant. Une heure
ou deux d'attente, un petit rafiot est enfin venu nous récupérer,
beaucoup trop petit pour nous tous et donc en surcharge totale. Julien
s'est remis à paniquer sérieusement en me disant qu'on
allait y rester. J'ai rigolé en disant que vu le niveau de l'eau
(tout au plus un mètre au milieu de la rivière) on ne
risquait pas de se noyer, mais après plusieurs échouages
du bateau sur des bancs de sable, la pompe d'écopage qui est
tombée en panne, l'arrière du bateau qui s'enfonçait
de plus en plus dans l'eau (les passagers refluaient progressivement
à l'avant) et les regards angoissés du conducteur, je
n'étais plus très sereine… La ville, de style colonial français, n'est pas inoubliable mais on a quand même passé une journée à la visiter ainsi que les environs (des temples encore, et des grottes qui ont abrité des centaines de cadavres résultant des massacres des khmers rouges, horrible et impressionnant). Ce matin nous sommes partis en bus pour Phnom Penh, à 280 kilomètres de route, on voulait essayer le train mais c'est quinze heures au lieu des six heures en bus, le pays est en pleine reconstruction et les axes de circulation assez délabrés. On a trouvé une pension correcte, des infos sur la ville dans le prochain mail, on va essayer de retrouver Romain mon copain pharmacien de Toulouse qui rédige sa thèse sur les faux médicaments au Cambodge. 22/02/2004, Phnom Penh Des nouvelles fraîches,
alors que notre séjour au Cambodge se termine. Nous avons passé
presque cinq jours à Phnom
Penh, avec un programme assez cool. On
s'est pas mal baladé dans cette ville très agréable
qui malgré son statut de capitale compte encore la moitié
de ses rues en terre battue, des quartiers pauvres et assez crados,
en même temps qu'une rive du fleuve très huppée
avec grands hôtels et bars branchés. On a aussi retrouvé Romain avec qui on a fait quelques visites. Après ça, direction Sihanoukville et ses plages pour deux jours de repos, baignades et langoustines grillées. La ville n'a rien d'extraordinaire mais elle est très calme et agréable, juste ce qu'il nous fallait car on commence à être un peu fatigués par toutes ces visites et ces marches interminables… et quand la fatigue s'installe on s'énerve plutôt facilement. Enfin bon le côté positif ici est qu'on peut s'insulter copieusement en pleine rue sans que personne ne comprenne rien, et on ne se prive pas de ce petit plaisir. On repère les Français à des kilomètres, on se tait et on planque le guide, Julien parle même anglais pour donner le change mais là généralement ça nous grille. On est ensuite parti passer
trois jours a Kampot,
une ancienne ville coloniale française avec de très jolies
villas construites dans les années trente, aujourd'hui un peu
décrépies mais avec un cachet certain. Ce coin est sans
doute l'un des plus beaux du Cambodge, nous avons passé une journée
dans le parc national de Bokor, ballottés dans un pick-up (encore…)
sur une petite route défoncée au milieu d'une jungle brumeuse,
grandiose! On se serait cru dans un décor de film sur la guerre
du Vietnam. Hier nous sommes allés a Kep, une station balnéaire construite par les Français au tout début du siècle et complètement ravagée par les Khmers rouges. Il ne reste malheureusement presque aucun bâtiment d'époque car les rares vestiges ont été vendus aux Vietnamiens comme matériaux de construction par les Cambodgiens. Nous faisons une dernière
escale a Phnom
Penh avant de partir demain pour le Vietnam,
passage obligé car le pays est encore très mal desservi,
le réseau ferré quasi inexistant, les routes pour la plupart
dans un état déplorable et les fleuves au plus bas à
cause de la saison sèche. Ceci nous empêche malheureusement
de visiter l'est du pays, supposé très beau mais pour
l'instant il faut deux/trois jours pour rallier le moindre village,
et il n'y a aucune infrastructure pour accueillir les touristes. Dans
dix ans peut être… Enfin bon on ne s'en plaint pas car les
touristes sont vraiment très peu nombreux, la plupart des sites
sont déserts et le pays encore assez authentique, d'ailleurs
la plupart des Cambodgiens sont adorables avec nous. Sinon quelques détails sur
les gens pour pimenter ce mail assez descriptif : ici beaucoup de femmes
portent des pyjamas comme vêtements de ville, les mêmes
que ceux que l'on met pour dormir (il y en a pour tout les goûts
: rose, avec des coeurs, en simili satin, avec des nounours, des carreaux,
des fleurs, etc.) ça fait vraiment bizarre. Sinon les vêtements
sont assez couvrants, les épaules ne sont jamais dénudées
et les jupes et les pantacourts jamais au-dessus du genou; les Cambodgiennes
se baignent en mer tout habillées. Seules les filles des grandes
villes s'habillent à l'occidentale, mais façon années
80 avec des jeans et des tops assez ringards. Enfin on doit aussi passer
pour des ploucs avec nos fringues mal lavées (le "laver
sans frotter" Mir express ne marche pas du tout, et même
après 10 minutes de frottage intensif les fringues gardent des
traînées marrons du plus bel effet… enfin au moins
ça sent le propre). Concernant la nourriture c'est plutôt bon dans l'ensemble même si on se prend à rêver d'un bon fromage coulant et d'un ballon de rouge… les gargottes où nous allons sont généralement correctes et bon marché, mais j'ai quand même eu une fois la bonne surprise de recracher dans mon assiette une vieille vis rouillée… heureusement pas de dent cassée et je préfère ne pas savoir d'où ça peut bien venir. Voilà pour nos petites aventures, les prochaines seront vietnamiennes (on commence par l'extrême sud pour traverser tout le pays jusqu'en haut avant d'aller au Laos).
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