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16/05/2004, Mandalay

Voici sans doute l'unique mail du Myanmar, la censure du régime bloque l'accès à de très nombreux sites dont nos boîtes mails, donc pas très pratique pour communiquer à l’extérieur du pays. C'est assez drôle à chaque fois qu'on essaye d'aller sur un site l'écran affiche : accès refusé à cause de son contenu subversif. Ça limite pas mal la marge de manoeuvre, d'autant que tous les sites ici semblent subversifs. La poste n'ayant pas encore été répertoriée on peut quand même écrire un peu, c'est uniquement sur cette adresse que vous pouvez nous joindre d'ici la Malaisie (6 juin).

Nous sommes ici depuis une semaine, et déjà pas mal de choses à raconter. Le dépaysement est total, et le pays nous rappelle beaucoup l'Inde : chaleur suffocante (pas moins de 40 degrés tous les jours), pauvreté et mendiants, rues sales, hôtels miteux, rabatteurs insistants et currys dans tous les boui-boui. En fait, les Indiens sont très nombreux ici depuis la colonisation britannique de la Birmanie qui leur a permis d'émigrer pour acheter des terres ou occuper des postes de fonctionnaires. Il y aussi beaucoup de Chinois et de très nombreuses ethnies birmanes différentes, et l'ensemble donne un mélange d'influences dans la cuisine, l'habillement, les pratiques religieuses, les modes de vie qui rend le pays très particulier et différent de ses voisins du sud-est asiatique.
Les Birmans sont adorables, de loin les personnes les plus gentilles, souriantes et attentionnées qu'on ait rencontré depuis le début. Beaucoup de gens nous sourient et nous saluent dans la rue, cherchent à nous aider pour les transports et l'orientation et viennent discuter avec nous (même si officiellement le gouvernement n'incite pas trop la population à parler aux touristes).

Sinon il faut avouer qu'au bout de quatre mois le manque de confort et la fatigue commencent à se faire sentir. On a un peu l'impression d'être des clochards, toujours à déballer et remballer nos affaires (les trois mêmes vêtements depuis janvier, cuits au soleil, lavés, relavés, délavés et informes) et à prendre des douches dans des toilettes. Les salles d'eau en Asie sont très sommaires, et la douche se résume à un pommeau branlant fixé à côté voire au-dessus de toilettes à la turque; quand la pièce est mal conçue l'eau ne s'écoule pas bien et stagne toute la journée au sol, ce qui fait que depuis quatre mois on se douche dans des WC et on patauge dans la flotte a chaque fois qu'on va aux toilettes... un détail mais qui finit par lasser. On dort sur des mauvais lits aux draps douteux, on cuit sous un soleil de plomb (Julien n'est qu'une grosse rougeur luisante), on transpire et on se sent sale 24 heures sur 24, on se fait dévorer en permanence par toutes sortes d'insectes (enfin surtout moi qui suis un aimant à bestioles, pas un centimètre carré de ma peau n'a été épargné, en bref je ne suis qu'un gros bouton qui gratte). En plus au Myanmar il y a au moins vingt pannes de courant par jour, enfin dans les grandes villes car les petites n'ont l'électricité que quelques heures par jour (en soirée seulement). C'est plutôt folklo quand on essaye de lire ou quand le ventilo s'arrête en pleine nuit... heureusement au bout de cinq minutes il y a toujours au moins un générateur qui se met à fonctionner dans la rue et qui fait un tel boucan qu’on ne s’entend plus penser qu’on n’arrive pas à dormir.

On en est à notre troisième étape au Myanmar. Je ne peux pas dire grand-chose de Yangon si ce n'est que c'est une capitale bruyante et polluée. Je suis tombée malade le lendemain de notre arrivée, des maux de tête lancinants et des vomissements dès que je me mettais debout, donc je suis restée couchée deux jours entiers dans une chambre de six mètres carré sans fenêtre ni salle de bain à ruminer et à dormir pendant que Julien visitait la ville.

Nous sommes ensuite partis pour Kyaiktiyo, une des sites bouddhistes les plus sacrés du pays. L'endroit est très impressionnant, un stupa (monument religieux en forme de cloche renversée) reposant sur un gros rocher recouvert de feuilles d'or, rocher lui-même en équilibre sur une falaise au sommet du mont Kyaikto. Les fidèles défilent par centaines pour prier, se recueillir et appliquer des feuilles d'or sur le rocher (seulement les hommes sont autorisés à accéder au rocher comme dans tous les sites sacrés du pays). Les offrandes s'accumulent aux alentours avec force prosternations dans un brouillard de fumée d'encens. On s'est levé à cinq heures du matin pour voir le lever du soleil sur le rocher doré, mais après une ascension chaotique en camion à bestiaux (quarante personnes entassées sur la plate-forme arrière) suivie de trois quart d'heure de marche à pied on n'a eu que de la pluie et du brouillard...

Nous sommes maintenant à Mandalay pour quatre jours, la ville est assez agréable bien que surpeuplée et immense, elle abrite un nombre d'édifices religieux incroyables (sanctuaires, monastères, temples, stupas) comme partout au Myanmar. On alterne les visites à pied, en vélo, en rickshaws ou encore en bateau pour aller voir Mingun, une cité ancienne en ruines mais encore très belle.
Nous partons demain pour Pyin U Lwin, une station coloniale à mille mètres d'altitude qui devrait nous offrir une fraîcheur agréable pendant ce mois le plus chaud de l'année. Les autres étapes prévues sont Bagan (une plaine aux temples vieux de huit siècles), Pyay, le Lac Inle pour finir par quelques jours de repos aux plages de Ngapali et Pathein si l'état des routes le permet (rien n'est moins sûr avec la saison des pluies imminente).
Voila pour les dernières nouvelles, on réécrira en Malaisie quand ça sera plus simple à partir du 6 juin.

05/06/2004, Transit vers Kuala Lumpur

Nous voici revenus du Myanmar, en transit à l'aéroport de Bangkok. Ce dernier mois a été très riche en découvertes, rencontres et problèmes de santé divers, mais surtout l'occasion de découvrir un pays superbe, très peu touristique et des gens adorables comme on n'en avait jamais vu avant.

Nous avons quitté Mandalay pour la ville de Bagan, haut lieu de pèlerinage des Birmans et temps fort d'un voyage au Myanmar. Situé au bord d'un fleuve, le site a abrité jusqu’à treize mille temples, pagodes et chedis construits entre le onzième et le treizième siècle. Il en reste aujourd'hui près de trois mille dont beaucoup sont en très bon état, de taille et style architectural variés, amassés en groupes dans les remparts de la vieille ville ou dispersés dans les plaines alentours. La majorité des temples sont en briques rouges, la plupart possèdent des statues de Bouddha et accueillent encore des fidèles et certains abritent même des fresques d'époque. L'ensemble est grandiose, et dès qu'on prend un peu de hauteur on voit des temples rouges par centaines à perte de vue. On a passé trois jours à arpenter la région pour visiter les plus beaux édifices, à vélo et en carriole à cheval pour les monuments les moins accessibles.

Un voyage de quatorze heures en minibus bondé nous a conduit au lac Inle et nous a permis de rencontrer trois Français très sympas (Eugénie, Peter et Yohan) avec qui on a passé plus de trois jours. La région est superbe, un très grand lac en altitude entouré par des collines verdoyantes, des champs, des rizières et des villages flottants ou perdus dans la nature. On a profité de ce havre de verdure pour se rafraîchir après la chaleur aride des plaines de Bagan : une journée en bateau sur le lac à visiter marché flottant, fabriques d'artisanat divers et villages flottants, une journée de trekking dans les collines à traverser des villages et randonner dans la forêt, du vélo pour aller se baquer dans une eau des sources chaudes à 40 degrés (on n'a pas tenu vingt minutes), et bien sûr quelques balades en ville pour visiter le marché et les pagodes. On a passé toutes nos soirées avec nos trois compatriotes, c'était génial de parler français à nouveau et de refaire le monde autour d'une bière. Il a bien fallu se quitter, Eugénie et Peter partaient en Thaïlande et Yohan voir le rocher doré.

On a opté pour une solution tranquille (d'apparence...), préférant rentrer à Yangon en trois/quatre étapes d'une nuit plutôt que de se taper vingt heures de bus d'un coup. On a donc pris un pick-up pour notre première étape. Après huit heures de trajet laborieux on est arrivé en périphérie d'une ville sordide sous des trombes d'eau, un Hollandais saoulant et égocentrique (rencontré à Inle) collé à nos basques. Vu le coin charmant on s'est dit qu'il serait plus judicieux d'aller directement à Yangon, nos étapes sélectionnées n'étant sans doute que des clones de celle-ci. Après quatre heures attablés à un teashop à attirer la curiosité des Birmans et écouter déblatérer le Hollandais sur son sujet favori (lui-même), on a réussi à attraper un bus (plein) à destination de Yangon. Il ne restait que des sièges très inconfortables dans l'allée centrale (d’où obligation de se lever à chaque fois que quelqu’un veut descendre du bus) mais seulement huit heures de route de nuit à faire vers la capitale. C'était parti...
Au bout d'une heure d'un silence inhabituel, le larbin du bus a eu la riche idée de vouloir réparer la télé en panne pour passer un de ces XXXX de karaoké. L'habile manipulation a eu pour effet de provoquer une coupure dans le circuit électrique, donc plus de clim ni de phares. Nous voilà arrêtés au bord de la route à 22 heures, à regarder passer les bus vers Yangon par dizaines. Après une heure de bricolage incertain (les types ne semblaient pas vraiment s'y connaître), on est reparti tant bien que mal. A suivi un autre arrêt interminable dans la nuit, pendant lequel jacassait bruyamment le Hollandais, puis deux ou trois autres stops dans la journée rythmés par l'intarissable caquetage de notre compagnon de voyage forcé. Au final nous sommes arrivés à Yangon en fin d'après-midi avec plus de dix heures de retard sous une pluie battante, les nerfs mis en pelote par la fatigue et le monologue insupportable et sans le moindre intérêt de notre Hollandais.

Ce changement de programme nous laissait une semaine avant notre départ. Aussi avons-nous décidé d'aller à Pathein, une ville portuaire du delta au sud du pays. Malheureusement Julien a été pris de fièvre et a passé une soirée à délirer et à gémir et la journée suivante au lit. J'ai ensuite eu une infection urinaire qui additionnée à la fatigue et à nos carences alimentaires m'a mise complètement à plat. Bref on a décidé de rester tranquillement à Yangon jusqu'au départ, et on en a profité pour visiter la capitale à notre rythme (le zoo, les payas, les marchés, les teashops, les échoppes, le fleuve, etc.). On s'est un peu retapé malgré des nuits animées par la chasse aux moustiques, et on a quitté la ville ce matin avec un pincement au coeur.

Nous nous apprêtons à passer la nuit à l'aéroport de Bangkok en attendant notre vol de demain midi pour Kuala Lumpur. On est content d'avoir tous vos mails après ce mois de black-out. Nos impressions sur la Malaisie dans quelques jours, grosses bises a vous tous et à bientôt.

 

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